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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 10:38


Parce que Wodny Rynek (place de l'Eau), lieu de naissance d'Aldona quelques huit décennies passées,


Parce qu'Aldona n'était pas retournée à Łódź,


Parce que nous y sommes retournées ensemble,

Parce qu'elle a retrouvé la maison où elle était née, inchangée,
l
Parce que ce fut un moment tellement fort que j'ai commencé d'aimer cette ville. 



Łódź

 3e ville de Pologne. 

C'est la ville des grandes manufactures du textile (coton, mais aussi trop souvent oubliées, laine, soie, suédine) construites au début du XIXe siècle. Ces usines, la plupart du temps faites de briques rouges, ont influencé pendant de longues années l'architecture urbaine de la ville.  

C'est aussi la capitale du cinéma polonais dont sont issus Wajda, Polanski, Zanussi et Kieslowski

C'est enfin la ville où sont exposées des oeuvres de deux peintres que j'aime beaucoup, Tadeusz Kantor et Roman Opalka


 

Kantor 

IMG 0553

L’Infante selon Velasquez de la série dite des Emballages.

Cette oeuvre se réfère au tableau Les ménines de Velasquez (XVIIe siècle)

La robe de l’infante est élargie par des cerceaux. Elle ressemble à un vêtement liturgique.

 

Le portrait de l'infante peint par Kantor est réalisé sur un sac de lin grossier.

La robe peinte par Velasquez a été remplacée par Kantor par un vieux sac de postier accroché sur une sorte de corde à linge, en dessous du buste de la princesse. Son statut d'infante est figuré par un vulgaire bout de bois.

 

J'aime

 


Opalka 

IMG 1503  Détails 533288 - 5346903 (1974)

Détails 539716 - 563934 (2000)

J'ai rencontré Roman Opalka, il y au moins vingt ans à Tours alors qu'il exposait au CCC  et tout de suite je suis tombée sous le charme de cet artiste né en France, d'origine polonaise et qui vit en Touraine.

Opalka enregistre l'écoulement du temps, systématiquement et "méditativement" avec des chiffres.

Les toiles sont noires à l'origine. Il ajoute au fond de chaque nouvelle toile 1% de blanc, si bien que les nombres se fondent progressivement dans le support, jusqu'à se fondre dans l'infini du blanc sur blanc. 

Pendant qu'il peint, Opalka énumère les chiffres qu'il peint et s'enregistre. Alors que l'on regarde ses tableaux, on entend sa voix de moins en moins nette au fil des oeuvres.


Après chaque tableau, il se fait photographier frontalement (uniquement le visage - telle une photo d'identité, vêtu de la même chemise blanche, le regard fixe)
Son vieillissement est de plus en plus visible.

Ce regard fixe nous interpelle.

 


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Published by La dilettantelle - dans J'ai vu - lu - entendu
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