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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 18:13

 

La lecture du livre d’Alice Zeniter commence par deux poèmes très sombres d’Attila József. 

Très court extrait de Lentement, pensivement

 

«Mon coeur est sur une branche de rien
perché, grêle, il tremble sans bruit,
les astres doucement s’assemblent
pour regarder mon coeur la nuit.»

Sans espoir - mars 1933

 

Sombre Dimanche est le titre d’un müdal, c’est à dire d’un air de musique des années 30.
Il a été créé par Rezsö Seress. De nombreux suicidaires l’ont choisi pour les accompagner dans la mort.

 

Le livre s’étend sur une trentaine d’années pendant et après le communisme. 

Alice Zeniter ponctue le roman de dates de 1956 à 1993 sans respecter l’ordre chronologique.

 

La famille Mándy

Le grand père Imre alcoolique et anti-stalinien qui beugle tous les 2 mai :

«Sombre dimanche,
Les bras chargés de fleurs blanches,
Un dimanche matin, poursuivant mes chimères
La charrette de ma tristesse est revenue sans toi...»

 

Pál, «qui avait aimé sa mère plus qu’aucune autre femme» ; 


Sara, sa femme «qui était morte en 1955, d’un excès du communisme» ; 


Imre, le petit fils, le héros du roman ; 


Ildiko, la mère de Imre «morte, morte, morte» ;


Zsolt «la seconde personne à qui Imre accordait sa confiance»; 


sa soeur Agi «qui avait quitté la maison au bord des rails, emportant avec elle ses chansons et le rang de perles de ses dents» ; 


la petite maison «qui jaillissait de la gare Nyugati» ;


mais aussi la gare «depuis l’époque de l’arrière-arrière-grand-père, la modernisation de Budapest avait transformé la petite demeure en un îlot au milieu des rails».

 

Chacun porte en lui, un drame


Leur vie au quotidien est presque dans l’immobilité: «ils promenaient leur propre force d’inertie que les trains n’avaient jamais réussi à secouer»

 

Vingt deux stations à lire absolument dont «Staline savait s’y prendre»

 

La structure de ce livre m'a fait penser à celle de Mémoires de Hongrie de Sándor Márai 

 

 

Un proverbe hongrois : «Le Hongrois s’amuse en pleurant»

 

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