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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 16:55

 

       

Gao Xingjian (1940) est écrivain, peintre mais aussi scénariste.

Il a vécu la même tragédie que François Cheng, lors de la révolution culturelle.

Il est resté six ans dans un camp de rééducation et y a vu disparaître dans les flammes une partie des manuscrits.


Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 2000.

Il est le premier Chinois à avoir obtenu ce prix.

 

Je viens de terminer la lecture de son livre écrit en 1991 "La montagne de l'âme".

J'avais un peu peur car dans l'édition "L'aube poche" il y a 670 pages découpées en 81 chapitres, intitulés 1, 2...81


La montagne de l'âme est une oeuvre unique par son style et sa forme.


C'est à la fois un voyage intérieur, une quête spirituelle, une évocation des paysages et des forêts vierges de Chine, une description d'un court moment de plaisir, la contemplation d'un paysage, un dialogue intérieur, une réflexion sur l'art romanesque, des rencontres, des situations...


Pour les dialogues entre des personnages il utilise uniquement les pronoms personnels "Je", "tu", "il", "elle".

Mais jamais le "nous" sans doute à cause de mauvais souvenirs. 


Page 11 :

"Toi-même, tu ne sais pas clairement pourquoi tu es venu ici. C'est par hasard que dans le train tu as entendu quelqu'un parler d'un lieu nommé Ligshan, la Montagne de l'âme..."


Page 25 :

"Je viens de connaître un évènement grave. Les médecins ont diagnostiqué à tort un cancer du poumon. La mort m'a fait une plaisanterie et je suis finalement parvenu à franchir l'obstacle qu'elle a tendu. En moi-même je me réjouis. La vie m'a redonné une immense fraîcheur."


Il insère des poésies, des chants populaires :

Page 167

"Mon guide a fredonné pour moi quelques chansons yi, des complaintes remplies de tristesse, même des chants d'amour.

Si tu sors un soir de lune,
n'allume pas la torche sur le chemin,
Si tu allumes la torche sur le chemin,
triste sera la lune.
A la saison où fleurit le colza,
ne porte pas le panier pour cueillir les fleurs,
si tu portes le panier pour cueillir les fleurs,
triste sera le colza.
Si tu aimes une jeune fille sincère,
n'hésite pas,
si tu hésites,
triste sera la jeune fille."


C'est un chef d'oeuvre que j'ai lu à petites doses, lentement pour savourer, chapitre par chapitre.

 

Une autre partie de son oeuvre m'intéresse beaucoup : la peinture


Les marcheurs Le regard
Les marcheurs Le regard


Ce sont des encres de Chine sur papier.

Sa peinture est à la fois ombre et lumière, noir et blanc, douceur et violence.

Les marcheurs sont des êtres solitaires, presque des ombres perdues dans l'immensité du paysage.



Quelques citations de Gao Xingjian sur la peinture : 

"Bien sûr, la peinture ce n'est pas une illustration, une interprétation ; il y a une autonomie de l'image.

On pense souvent que l'encre c'est comme la calligraphie, une fois et c'est fini, mais ce n'est pas le cas..."


"Toute peinture est basée sur deux dimensions...

Il y a de multiples façon de voir les choses, de composer, de créer.

Si l'on commence par un bord du tableau, si l'on met une tache à cet endroit, on définit un espace. Il y la perspective classique, mais il y a aussi de multiples profondeurs.."

 

 

 

"Que je peigne ou que j'écrive, j'essaie de créer une vision intérieure"

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by La dilettantelle - dans J'ai vu - lu - entendu
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