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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 10:00

 

Il a d’abord frôlé le cubisme et le surréalisme, puis il a poursuivi une oeuvre personnelle.

Dans les années 1945, il dessine des figures de plus en plus hautes et minces

 

Dès 1950, des poètes, des écrivains, témoignent de l’importance de son oeuvre (Jean Paul Sartre, René Char, Yves Bonnefoy, Jean Genet...)

 

Ce n’est que vers 1960 qu’une longue traversée du désert s’achève. En 1962, il obtient le grand prix de la Biennale de Venise.

 

Trois thèmes reviennent sans cesse : celui du buste, celui de la figure debout, immobile et frontale, celui de la figure qui marche. 

 


 

«Ces extraordinaires figures, si parfaitement immatérielles qu’elles en deviennent souvent transparentes, si totalement, si pleinement réelles qu’elles s’affirment  comme un coup de poing et qu’on ne peut les oublier, sont-ce des apparitions ou des disparitions ? Les deux ensemble. Elles semblent si diaphanes, parfois, qu’on ne songe même plus à s’interroger sur leurs têtes : on se pince pour savoir si elles existent vraiment. Si l’on s’obstine à les épier, le tableau tout entier se met à vivre : une mer sombre roule sur elles et les submerge ; il ne reste plus rien qu’une surface barbouillées de suie ; et puis la vague se retire et on les revoit, blanches et nues, qui brillent sous les eaux. Mais dès qu’elles réapparaissent, c’est pour s'affirmer avec violence, comme des cris étouffés  qui parviennent au sommet d’une montagne et dont on sait, à les entendre, qu’ils ont été, quelque part, de grands cris d’appel ou de douleur.

L’art de Giacometti s’apparente à celui du prestidigitateur....»

 

Très court extrait de - Les peintures de Giacometti - juin 1954 - Jean-Paul Sarte.


 
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Bronze peint
La forêt - Composition avec sept figures et une tête -
Bronze peint
Tête de Diego 1950
   
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            Chat - bronze - 1954       Grande figure - bronze 1947

 

 

«Quant à nous devant sa sculpture, nous n’avons plus guère de liberté que Giacometti devant le modèle. Car elle porte en elle sa distance et nous tient en respect. Et notre relation distante recrée l’espace évalué strictement pour que sa totalité, et elle seule, apparaisse. Cette figure ne nous permet pas de laisser reposer nos yeux sur telle ou telle de ses parties, chaque détail renvoie aussitôt à l’ensemble. Elle ne développe pas un rythme qui nous porterait graduellement à sa rencontre. Elle ne se manifeste pas comme une suite d’évènements plastiques aboutissant à une harmonie, à un accord....La représentation humaine fait place à celle d’un être monstrueux et d’un être traqué, inerte et comme cloué entre deux affres. Un montre fraîchement tiré du volcan, ruisselant  encore et gluant de laves refroidies. Ce corps qui était celui d’une femme ou d’un homme, n’est plus qu’une masse déformée et crispée, boursouflée...

Reculons de quelques pas, ressassions la figure dans sa totalité. La vision du chaos s’estompe. La fureur de la matière se modère. Les formes s’organisent, se précisent, se justifient  réciproquement. »

 

Extrait de - Texte pour une approche Jacques Dupin - 1962

 

 
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Annet  VI - 1962 Marie Laure - 1950

 

 

«Je ne puis parler qu’indirectement de mes sculptures et espérer dire que partiellement ce qui les a motivées.

Depuis des années je n’ai réalisé que les sculptures qui se sont offertes tout achevées à mon esprit, je me suis borné à les reproduire dans l’espace sans y rien changer, sans me demander ce qu’elles pouvaient signifier (il suffit que j’entreprenne d’en modifier une partie ou que j’aie à chercher une dimension pour que je sois complètement perdu et que tout objet se détruise). ...L’objet une fois construit, j’ai tendance à y retrouver transformés et déplacés des images, des impressions, des faits qui m’ont profondément ému (souvent à mon insu), des formes que je sens m’être très proches, bien que je sois souvent incapable de les identifier, ce qui me les rend toujours troublantes...»


Très court extrait de - Je ne puis parler qu’indirectement de mes sculptures - Alberto Giacometti 

 

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Trois hommes marchant II - 1949

 

 

Dessins d’Alberto Giacometti - André du Bouchet - 1969  

«La dureté de ce crayon sans ombre qui, à proximité, plus qu’à raison d’une distance, se volatilise. Et, dans l’agrégat rectiligne, ouvertes d’un coup de gomme, avenues par lesquelles l’espace inentamé rapidement afflue. Jusqu'à ce que le trait, repris toujours, et en quête de la dernière surface, toile, air, papier, qui l’en sépare, s'étant interrompu touche à un objet immatériel. Dessins blancs dans une pièce nue.
Quel est cet objet sur lequel sans cesse il revient, objet, qui, croirait-on ne prend corps qu’à l’issue d’un atermoiement prolongé coûte que coûte au point où nous risquerions de le voir se fondre.»

 

 

Tete.jpg Triptyque-1951.jpg
  Triptyque-1951
Auto-portrait-1960.jpg Annette-acoudee-a-la-table-1960.jpg
Auto-portrait-1960 Annette accoudée à la table -1960

 

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Published by La dilettantelle - dans J'ai vu - lu - entendu
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