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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 12:20

Il semble aller de soi que les paysans et les chevaliers, les clercs et les copistes du Moyen Âge vivaient dans le même monde : on sait dater des tours de métier, analyser des écritures, isoler des groupes et décrire leurs solidarités. Reste que l'on ne peut faire une histoire de la pensée comme on fait l'histoire de la propriété ecclésiastique. 

L'idéal voudrait qu'on sût traiter comme une seule chose 'histoire des idées, celle des institutions et celle des mentalités. Il faut, hélas, en rabattre : le genre n'existe pas. Quel type d'histoire faut-il alors risquer ? La réponse est difficile, mais on peut au moins l'esquisser. Il faut d'abord se donner un objet qui, sans être la totalité même, la reflète de multiples façons. 

Il faut ensuite tenter de décrire ces rencontres et ces croisements sans en excepter ce qui, pour l'œil d'un moderne, pourrait  paraître absurde.

On part donc ici du postulat qu'il y a une histoire de la pensée au Moyen Âge, qui s'inscrit dans le cadre général d'une histoire des états de la raison ; on pose que les modes de pensée et les techniques intellectuelles d'un groupe social   tardif et défini, l'Université médiévale, nous disent quelque chose de l'homme du Moyen Âge quand il est lui-même confronté à la question qui seule nous guide : qu'est-ce que la pensée ou, si l'on préfère

Depuis la fin du XIXe siècle, les nécessités de la répartition des époques dans les programmes d'enseignement ont généralisé l'usage de la périodisation. Les historiens admettent généralement la pertinence d'un millénaire médiéval, du IVe ou Ve siècle au XVe siècle. 

Certes, on a pu discuter les dates de début et de fin de la période médiévale, mais les solutions proposées sont curieusement peu nombreuses : le Moyen Âge commence avec l'édit de Milan, publié par Constantin (313) qui christianise l'État romain, ou bien à la déposition de Romulus Augustule (476), signe de la chute de l'Empire romain d'Occident ; tout s'achève soit avec la chute de Constantinople (1453), soit avec la découverte de l'Amérique (1492). 

Ce découpage fait l'objet d'un large consensus. Les variations nationales ne portent guère que sur les subdivisions du Moyen Âge ou sur l'intérêt plus ou moins marqué pour tel ou tel aspect de la période.Mais la question de son extension spatiale ouvre de redoutables questions. Dans un sens strict, le Moyen Âge n'a de pertinence qu'en Europe occidentale. Intuitivement, l'idée d'un Moyen Âge mélanésien ou amérindien paraît absurde.

Parler d'un Japon médiéval nous entraîne sur le terrain d'un comparatisme séduisant et périlleux. Et, au plus près de l'Occident médiéval, on hésite à évoquer un Moyen Âge byzantin ou musulman.

 

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