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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 12:25

Un point commun aux Dépositions de Rosso et de Pontormo c'est que leur force d'étrangeté passe par la couleur et par un travail varié de la couleur.

Chez Pontormo, l,étrangeté se révèle. Chez Rosso l'espace est ténébreux ou strident, la violence immédiate, les corps déformés par la douleur. 

Pontormo - Chapelle Chapelle Capponi

La redécouverte de Pontormo a montré que l'histoire de l'art, plus que tout autre discipline, dépend des conditions historiques dans lesquelles elle s'élabore et de l'évolution du goût. Dès Vasari, en effet, Pontormo est incompris : sa farouche volonté de solitude, son désintéressement sont considérés comme folie. Ridiculisant le grand œuvre de Pontormo, aujourd'hui disparu (les fresques de San Lorenzo), le biographe se demande quand le talent du peintre « commença[-t-il] à décroître ».pour que l'on s'aperçût que Jacopo Carrucci n'était ni un « décadent » ni un marginal excentrique ; ou encore, pour que le statut de sa « marginalité » changeât à mesure que l'histoire de l'art, plus historicisante, prenait ses distances vis-à-vis de la norme du style dénoté par Wölfflin comme classique.

 

Pontormo (dit),Carucci Jacopo da (1494-1556),Mais très vite cette gloire tardive fut elle-même étouffée par le label d'une « école » dont on fait de Pontormo l'initiateur : malgré les ouvrages de Clapp,il devint très vite dans les manuels le premier des maniéristes,cette catégorie si commode aux historiens d'art en ce qu'elle leur offrait un fourre-tout,et ce rôle qu'on lui attribua n'a conduit qu'à l'ignorance de sa spécificité

Mais très vite cette gloire tardive fut elle-même étouffée par le label d'une « école » dont on fait de Pontormo l'initiateur : malgré les ouvrages de Clapp, il devint très vite dans les manuels le premier des maniéristes, cette catégorie si commode aux historiens d'art en ce qu'elle leur offrait un fourre-tout, et ce rôle qu'on lui attribua n'a conduit qu'à l'ignorance de sa spécificité

 

 

Rosso Fiorentino la descente de Croix

Giovan Battista di Jacopo, dit Rosso Fiorentino, se forme en fréquentant plusieurs atéliers florentins, parmi lesquels celui de Andrea del Sarto (1486-1531), où il y avait Pontormo (1494-1557) aussi. Le surnom, Rosso, qui signifie roux, lui vient de la couleur de ses cheveux. Son style, une élaboration personnelle de la tradition florentine, fut exporté en France, où il participa à la création de l'école de Fontainebleau.    

Il passa la dernière partie de sa vie en France, jusqu'à la mort, mais son véritable chef-d'œuvre se trouve en Italie, à Volterra. Dans la cathédrale de la ville toscane il peignit une descente de la croix impressionnante, la Déposition de Volterra. Une autre peinture bien connue est le Moïse défendant les filles de Jethro, actuellement aux Offices (mais le conservateur du musée, professeur Natali pense qu'il n'est pas l'original qui a été probablement perdu), ainsi que d'autres peintures célèbres telles que, l'Ange jouant du luth, le Portrait de jeune fille, l'expressive Vierge et l'Enfant en majesté, aux côtés de saint Jean-Baptiste, saint Antoine Abbé, saint Etienne et saint Jérôme (Pala dello Spedalingo di Santa Maria Nuova) d'un style emprunté à une austérité formelle qui caractérise son art avant la période française.

 

Le biographe Giorgio Vasari (1511-1574) a écrit que Rosso était mort en se suicidant dans le château de Fontainebleau, affirmation qui n'a pas été vérifiée avec d'autres documents. Rosso a été un des fondateurs de l'école de Fontainebleau, contribuant à la diffusion du Maniérisme italien dans l'Europe du Nord. Vasari a décrit son talent avec les mots suivant : 

 «..il y avait de la poésie dans la composition de ses figures, le dessin est bien étudié et sans hésitation avec une manière légère et extravagante...»

 

 

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Published by La dilettantelle
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