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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 10:25

 

Hautement apprécié de son vivant, l'Émilien Corrège mérite les éloges de l'historiographe toscan Giorgio Vasari , qui le place dans la succession immédiate de Léonard et de Giorgione . L'évolution fulgurante de son œuvre servit de modèle aux maniéristes émiliens ; ses figures « sans pesanteur » seront reprises par Primatice. Tous les grands coloristes des XVIIe et XVIIIe siècles « fréquentent son école » figurative –les Carrache  aussi bien que Coypel, qui s'en inspire pour ses projets de coupoles. Mengs, dans ses Réflexions de 1782, dira de l'œuvre de Corrège qu'elle « a réalisé la plus parfaite dégradation la couleur et a exprimé les formes les plus délicates et presque insensibles ».

 Autoportrait
 

Figure isolée, Corrège nous fournit, dans une œuvre mystérieusement sensuelle, une des meilleures démonstrations de l'indigence de la « perspective historique » dont l'évolutionnisme trop mathématique ne saurait rendre compte des artistes « en marge ». 

Madone de l'Escalier
 

Madone de l'Escalier
 

Le chemin très personnel parcouru en quinze ans seulement par Corrège nourrira deux siècles de peinture européenne. Son élève, Parmesan , en essayant d'institutionnaliser l'élégance indicible des coloris de Corrège, a démontré son impuissance à matérialiser en formules académiques un « moment poétique » qui reste le secret de cet « épicurien d'un art tout en nuages d'une atmosphère vibrante, pleine de parfums et de sourires » (Venturi).

La vie du peintre émilien Antonio Allegri, dit le Corrège, né dans la ville qui lui donna son nom, n'est connue que par des témoignages indirects ; à l'incertitude de sa date de naissance s'ajoutent les informations imprécises au sujet de sa vie, de sa culture et de sa formation artistique. Seuls quelques contrats et documents d'archives fournissent les repères certains de l'évolution d'un des plus fascinants talents de la Renaissance italienne. Dans les Vies des plus célèbres peintres... (1550), Vasari trace le portrait trop simplifié d'un peintre solitaire, génie inquiet et bizarre, isolé dans la modestie exemplaire d’une existence provinciale.

La Charité

Un putto portant un agneau dans les bras
 

Il s'appliqua à la manière moderne si parfaitement qu'en peu d'années, bien doué par la nature et assoupli par l'art, il devint un rare et merveilleux. IL était d'un caractère très timideIl était mélancolique dans le travail et se rendait esclave de son art, recherchant la difficulté quelle qu'elle fût, comme le prouvent une multitude de figures qu'il peignit à fresque et termina...IL fut le premier qui en Lombardie, commença à peindre dans le style moderne :aussi voit-on que, si son génie avait pu se développer à Rome, il aurait produit des merveilles et aurait donné du souci à quantité d'hommes qui furent estimés...Il est certain que personne ne pratiqua mieux que lui le coloris, et ne peignit avec plus de grâce et de relief, tant il sut mettre de souplesse dans ses  chairs et de grâce dans ses travaux...On pourrait dire beaucoup de ses oeuvres, mais comme les meilleurs peintres comme des choses divines, je m'en tiens là.

Giorgio VasarI

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Published by La dilettantelle
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