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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 10:57

En 1978, alors âgée de 67 ans, la photographe polonaise entreprend le projet monumental Répertoire sociologique. Quelques 20 000 photographies réalisées dans plus d’une centaine d’agglomérations polonaises, villes et villages principalement situés dans les régions de Podhale, de Haute-Silésie et de la ville de Suwałki.

Malgré le très grand nombre d’expositions consacrées à son travail, Zofia Rydet a longtemps occupé une place à part dans les milieux de la photographie polonaise, dominés à l’époque par ses confrères masculins et leur inclination artistique conceptuelle.

 

 

Ses collages marquent à partir des années 1990 un retour aux portraits surréalistes et à l’iconographie psychédélique des débuts de sa carrière, une tendance qui remplace alors le programme obsessionnel et quasi documentaire du Répertoire sociologique inachevé.

« C’est en 1978 que j’ai commencé mon Répertoire sociologique […] [qui] était une façon d’embaumer le temps. Il était censé conserver ce qui est changeant, pour une époque où ce qui subsistera désormais d’une réalité ayant disparu sera probablement très difficile à imaginer. Le but était de dépeindre de façon fidèle les gens dans leur cadre quotidien, au milieu de l’univers qu’ils se créent, univers qui, plus qu’un simple décor de leur environnement immédiat – l’intérieur de leur maison –, dévoile également leur psyché et révèle parfois sur eux-mêmes plus que ce qu’ils ne disent. »

« Mon postulat de base était le suivant : ce qui est le plus important, ce sont les objets et les intérieurs des habitations. Les gens ne sont qu’un aspect de ce qui définit un intérieur : ils doivent être statiques, comme s’ils étaient eux-mêmes des objets, et par conséquent poser face à l’objectif en regardant en direction de l’appareil photo. Les prises de vue doivent être faites systématiquement avec le même boîtier, le même éclairage et grosso-modo le même point de vue. Ce projet, c’était après tout d’enregistrer de manière simple, objective et authentique la réalité existante, avec détachement.

Mais je constatai en même temps, alors même que je réalisais ce travail, qu’il prenait une couleur entièrement différente, que ces photos documentaires, ordinaires, étaient en train de se transformer, sous mes yeux, qu’elles disaient une grande vérité sur la condition humaine, et qu’il ne m’était plus possible de conserver mon détachement ; bien au contraire, cela m’attirait plus que tout ce que j’avais jamais fait auparavant ; ça devenait mon nouvel amour, ma passion, ça m’ouvrait de nouvelles perspectives et me donnait de nouvelles forces. »

Extraits de Zofia Ryde, On Her Work,

Elle s’est intéressée aux petits ateliers d’artisans et aux commerces des campagnes voués à disparaitre.

«La photographie me donne l’occasion d’arrêter le temps et de vaincre la mort.»

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Published by La dilettantelle
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