Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 09:43
Arthur Rimbaud (1054-1891) Une saison en Enfer

Adolescent rebelle, poète précoce et génial. Il abandonne la poésie à l'âge de vingt et un an.

«Je rêvais de croisades, voyages de découvertes dont on a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolution de moeurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.

J’inventai la couleur des voyelles ! - A noir, E blanc , I rouge, O bleu, U vert - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d’inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l’autre, à tous les sens. Je réservais la traduction. Ce fut d’abord une étude. J’écrivais des silences, des nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges.»

________________________________________________________________________________

«Enfin, ô bonheur, ô raison, j'écartai du ciel l'azur, qui est du noir, et je vécus, étincelle d'or de la lumière nature. De joie, je prenais une expression bouffonne et égarée au possible :

L'Eternité

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.

Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.»

Partager cet article

Repost 0
Published by La dilettantelle - dans J'ai vu - lu - entendu
commenter cet article

commentaires