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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 14:05
Oscar Wilde  (1854- 1900) - Aristote à l’heur du thé -

«Lorsqu’on entre dans Rome par la Via Ostia et la porte San Paolo, le premier objet que notre regard rencontre est une pyramide de marbre, à portée de main sur la gauche. Il y a beaucoup d’obélisques égyptiens à Rome. Ces hautes flèches, cobras de grès tachetés d’étranges inscriptions, nous rappellent les piliers de la foi qui guidèrent les enfants d’Israël fuyant le pays des pharaons à travers le désert ; bien plus belle à voir est cette hâve pyramide en forme de coin, ici, dans une ville italienne, intact parmi les ruines et les épaves du temps, paraissant plus ancienne que la Ville éternelle elle-même, terrible impassibilité transformées en pierre. Elle semble si antique, si mystérieuse, que les hommes du Moyen Age la croyaient le sépulcre de Remus, que son frère tua lors de la fondation de la ville. Nous disposons aujourd'hui, et malheureusement peut-être d'informations plus précises : c’est la tombe d’un certain Caius Cestus, gentilhomme romain mort vers 30 av.J-C.

Oscar Wilde  (1854- 1900) - Aristote à l’heur du thé -

Bien que nous sous souciions peu du mort qui repose sous cette pyramide, et que le monde ne connaît d’ailleurs que par elle, ce monument sera toujours par ceux qui parlent anglais : le soir, son ombre glisse sur la tombe d’un homme qui marche aux côtés de Spenser, Shakespeare, Byron, Shelley et Elisabeth Barrett Browning...»

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Published by La dilettantelle - dans J'ai vu - lu - entendu
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