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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 13:28
L’atelier de Courbet  Sous titre , Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique

Extraits d'une Lettre que Courbet adresse à Champfleury vers1854


«Mon cher ami,
Malgré que je tourne à l’hypocondrie, me voilà lancé dans un immense tableau, 20 pieds de long, 12 de haut, peut-être plu grand que l'Enterrement ce qui fera voir que je ne suis pas encore mort...

«Le tableau est divisé en deux parties. Je suis au milieu peignant.
A droite tous les actionnaires , c’est-à-dire les amis, les travailleurs, les amateurs du monde de l’art. A gauche l’autre monde de la vie triviale, le peuple, la misère, la pauvreté, la richesse, les exploités, les exploitants, les gens qui vivent de la mort;
Dans le fond, contre la muraille, sont pendus les tableaux du Retour de la foire, les Baigneuses et le tableau que je peins est un tableau d’ânier
Je vais vous énumérer les personnages en commençant par l’extrême gauche. Au bord de la toile se trouve un juif que j’ai vu en Angleterre traversant l’activité fébrile des rues de Londres en portant religieusement une cassette sur son bras droit et le couvrant de la main gauche il semblait dire «c’est moi le bout». Il avait un figure d’ivoire, une longue barbe, un turban puis une longue robe noire qui traînait à terre.
Derrière lui est un curé d’une figure triomphante avec une trogne rouge.
Devant eux est un pauvre vieux tout grelu, un ancien républicain de 93, un homme de 90 ans une besace à la main, vêtu de vielle toile blanche rapiécée, chapeau brancard, il regarde à ses pieds à ses pieds des défroques romantiques ...Ensuite un chasseur, un faucheur, un Hercule, une queue rouge, un marchand d’habits-galons, une femme d’ouvrier, un ouvrier...

Seconde partie. Puis vient la toile su mon chevalet et moi peignant avec sur le côté assyrien de la tête. Derrière ma chaise est un modèle de femme nue. Elle est appuyée sur le dossier de ma chaise me regardant peindre un instant : ses habits sont à terre en avant du tableau, puis un chat blanc près de ma chaise. A la suite de cette femme vient Promayet avec son violon sous le bras...Par derrière lui Bruyas, Cuenot, Buchon, Proudhon...Puis vient votre tour en avant du tableau. Vous êtes assis sur un tabouret, les jambes croisées et un chapeau sur vos genoux.A coté de vous au premier plan encore une femme du monde avec son mari, habillée en grand luxe.Puis à l’extreme droite Baudelaire qui lit dans un grand livre à côté de lui une négresse qui se regarde dans une glace avec beaucoup de coquetterie. Au fond du tableau on aperçoit dans l’embrasure d’une fenêtre deux amoureux qui disent des mots d’amour, l’un est assis sur un hamac. Au-dessus de la fenêtre des grandes draperies de serge verte.Il y a encore contre le mur quelques plâtres, un rayon sur lequel il y a une fillette, une lampe, des pots, puis des toiles retournées, puis un paravant, puis plus rien qu’un grand mur nu......»

Détail

Détail

L’atelier de Courbet  Sous titre , Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique
L’atelier de Courbet  Sous titre , Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique

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Published by La dilettantelle - dans J'ai vu - lu - entendu
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commentaires

Al Blimsey 23/03/2016 09:54

Super article !