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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 11:44

Fortuny est célèbre pour ses créations de tissus et de robes, mais il est aussi pour ses peintures et la photographie.

Marcel Proust est comme sa vie, le lieu de rencontre de deux époques : la tradition et la modernité.

C’est à partir de 1906 que Mariano Fortuny, installé à Venise, se tourne vers l’impression textile.

Il est influencé par l’antiquité, et s’attache à la souplesse du vêtement sans taille, en créant des pièces sobres et intemporelles, aux lignes droites, parfaitement adaptées aux formes du corps qu’elles révèlent.

La robe « Delphos », est brevetée en 1909, elle tire son nom de l’Aurige de Delphes, et s’inspire du chiton ionien.

Cette robe est coupée dans une soie finement plissée, de taille unique, et dont le décolleté et les manches font l’objet de subtiles variantes.

La comtesse Greffulhe et sa fille Elaine, duchesse de Gramont, la marquise Casati, Sarah Bernhardt, Eleonora Duse et Isadora Duncan sont ses principales clientes.

« ...Pour les toilettes, ce qui lui plaisait surtout à ce moment, c’était tout ce que faisait Fortuny. Ces robes de Fortuny, dont j’avais vu l’une sur Mme de Guermantes, c’était celles dont Elstir, quand il nous parlait des vêtements magnifiques des contemporaines de Carpaccio et du Titien, nous avait annoncé la prochaine apparition, renaissant de leurs cendres, somptueuses, car tout doit revenir comme il est écrit aux voûtes de Saint-Marc, et comme le proclament, buvant aux urnes de marbre et de jaspe des chapiteaux byzantins, les oiseaux qui signifient à la fois la mort et la résurrection....»

«Ces robes de Fortuny, fidèlement antiques mais puissamment originales, faisaient apparaître comme un décor, avec une plus grande force d’évocation même qu’un décor, puisque le décor restait à imaginer, la Venise tout encombrée d’Orient où elles auraient été portées, dont elles étaient, mieux qu’une relique dans la châsse de Saint-Marc évocatrice du soleil et des turbans environnants, la couleur fragmentée, mystérieuse et complémentaire. Tout avait péri de ce temps, mais tout renaissait, évoqué pour les relier entre elles par la splendeur du paysage et le grouillement de la vie, par le surgissement parcellaire et survivant des étoffes des dogaresses. »

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Published by La dilettantelle - dans J'ai vu - lu - entendu
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