Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France - Dédiée aux musiciens - Paris 1913 -
Nrf - Poésie/Gallimard
L’un de mes poèmes préférés
C’est un poème-tableau de Blaise Cendrars, signé par lui-même et illustré et signé par Sonia Delaunay.
Ensemble, ils ont choisi les caractères et le fond du poème pour l’harmoniser avec l’illustration.
Nous sommes à la veille de la Grande Guerre.
Les couleurs guident le lecteur, sa poésie reflète son humeur.
Sa compagne de voyage est Jeanne, une jeune prostituée.
Il décrit en particulier les souvenirs fragmentés de son enfance à Paris et imagine des voyages dans des paradis tropicaux.
Quelques passages choisis...
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En ce temps-là j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Avec les grandes amandes des cathédrales toutes blanches
Et je déchiffrais des caractères cunéiformes
Moi, le mauvais poète qui ne voulais aller nulle part, je pouvais aller partout... |
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«Blaise, dis, sommes-nous bien loin de
Montmartre?»
Tu es loin de Montmartre, de la Butte qui t’a nourrie du Sacré-Coeur contre lequel tu t’es blottie...
Les inquiétudes
La folie surchauffée beugle dans la locomotive La peste comme le choléra se lèvent comme des braises ardentes sur notre route...
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«Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre?»
Viens dans mon lit Viens sur mon coeur Je vais te conter une histoire...
La paresse L’amour pâme les couples dans l’herbe haute..
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Ô Paris Grand foyer chaleureux avec les tisons entrecroisés de tes rues et tes vielles maisons qui se penchent au-dessus et se réchauffent Comme des ïeules Et voici des affiches, du rouge su vert multolores comme mon passé bref du jaune Jaune la fière couleur des romans de la France à l'étranger. J'aime me frotter dans les grandes villes aux autobus en marche..... Et boire des petits verres Puis je rentrerai seul Paris
Ville de la Tour unique...
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